Mon métier c'est la transmission orale : je raconte des histoires. Non pas par écrit, mais dans le cadre du spectacle vivant !
Il y a quelques histoires qui me poursuivent, me donnent envie de me promener, se découvrent à chaque racontée sous de nouvelles couleurs...
"Le Réprouvé" est l'une d'elles.
Ce blog, que j'ai commencé en 2008, est la mise au propre, évolutive, d'une cueillette multi-formes autour de ce récit .
C'est ainsi que dans La Légende Dorée de Jacques de Voragine, je me suis retrouvée sur les traces d'un géant
"de plus en plus fort"qui aboie, passe les rivières, jusqu'au renversement (figuré) final ...
Recherches bibliographiques, iconographiques, balades près des chapelles, légendes, encens, fresques, vitraux, dévotions populaires, flore et habitants du cru, fleuves et torrents, anecdotes, tout "m'impressionne".
Ce blog je l'ai créé pour partager... Servez vous des archives et de l'index, mais aussi de la nouvelle fonction RECHERCHER DANS CE BLOG pour trouver ce qui vous intéresse, car avec plus de 110 articles, classés du plus récent au plus ancien, il y a de quoi se... noyer...
Parmi toutes les abeilles qui butinent sur la toile, je sais que certaines ne manqueront pas de réagir et même d'apporter leur contribution... A tout de suite!

Messages les plus consultés

lundi 9 avril 2012

Cheval Drac, légende


















Véronique,rêveuse, blogueuse, voyageuse et dessinatrice a mis en ligne cette image qui m'a fait craquer et qui s'intitule "Au viaduc des fades". J'avais déjà publié un de ses dessins sur la traversée de l'Allier en crue. Mais allez voir aussi son blog ! Et voici ce qu'elle me dit de l'image ci dessus :
Cette image est en quelque sorte l'avatar ultime du "réprouvé". Dans les légendes auvergnates, le cheval Drac noie les enfants qui ont l'imprudence de grimper sur son dos… Cette image est pour moi celle de l'ambigüité du passeur.
Merci de la mettre sur votre site.
Véronique Béné

dimanche 8 avril 2012

Quentin Metsys et Joachim Patinir ou Patenier

Peintres flamands à cheval sur les 15ème et 16ième siècle, ils auraient collaboré pour le premier tableau. Pour le deuxième, il semblerait que Quentin Metsys en soit le seul auteur... Leurs noms de famille sont écrits de différentes façons... Je découvre Quentin Metsys mais j'avais déjà fait un article sur un autre St Christophe de Joachim Patenier.


samedi 7 avril 2012

L'homme est un pont, disait Zarathoustra, disait Nietzsche

Zarathoustra, cependant, regardait le peuple et s’étonnait. Puis il dit :
L’homme est une corde tendue entre la bête et le Surhomme, -une corde sur l’abîme.
Il est dangereux de passer de l’autre côté, dangereux de rester en route, dangereux de regarder en arrière- frisson et arrêt dangereux.
Ce qu’il y a de grand dans l’homme, c’est qu’il est un pont et non un but : ce qu’on peut aimer en l’homme, c’est qu’il est un passage et un déclin.
J’aime ceux qui ne savent vivre autrement que pour disparaître, car ils passent au-delà...
Pour le contexte cliquez sur le lien, livre à lire en ligne.
J'ai trouvé cette jolie métaphore dans l'exposition du Musée de Grenoble "Die Brücke", du nom du mouvement d'avant garde allemand (1905-1911) , initiateur de l'expressionnisme. Je vous recommande chaudement l'exposition à voir avant le 17 juin 2012.

La passerelle ferroviaire sur le Scorff à Lorient

C'est un récit de Daniel Faurie, celui qui nous documente régulièrement sur la Chapelle Saint Christophe de Lorient.

IL SUFFIT DE PASSER LE PONT
La fermeture était programmée pour le lendemain et c’était bien définitif la PASSERELLE, allait cesser d’exister. Il en va ainsi de bien des choses ! Quelques nostalgiques étaient sur les lieux arpentant l’endroit mythique. Cela se devinait dans leur regard quand on les croisait, cette intelligence de l’œil qui vous dit « on vit les mêmes instants historiques, pas vrai ? » Ici les gens n’engagent pas toujours le dialogue. J’étais à faire les dernières photos, riverain témoin et conscient de ce temps qui s’échappait juste sous mes fenêtres. Au dessous l’eau sombre remontait à gros bouillons vers St Christophe et le Parc à bois, poussée par la marée. Un petit mascaret d’opérette, et je me plaisais à me redire « l’eau ici à LORIENT passe toujours deux fois sous les ponts » Le soleil en était ce soir-là. C’est alors que je l'aperçus, la petite dame. J’étais sur la rive LANESTERIENNE. Pas de cerise sur son chapeau, mais un rouge à lèvres un peu tremblé, pour sortir au soir couchant. Et elle me parla, ELLE, sûrement pour justifier sa présence « je, j’habite quelques maisons plus haut le long de la voie... et c’est la première fois que je monte jusqu’ici… je voulais pas manquer ce moment… mais c’est dangereux »
- Dangereux en quoi ?
- Ben elle tremble la passerelle, et les cyclomoteurs passent à toute vitesse, et ma voisine dit…
- Oh quelques chenapans chahuteurs, et des amoureux qui reconduisent leur petite amie, rien de bien méchant.
ELLE osa tout de même mettre ses pieds sur la partie métallique… Stupéfait de l’entendre dire, « ma fille, elle habite, là dans le grand bâtiment de Chaigneau » « Ils viennent me chercher en voiture » La petite dame allait en voiture de l’autre côté du fleuve !! Et ben.
- Vous n’avez pas peur ? Alors c’est le moment où jamais, voulez vous traverser ? Et la vielle dame s’élance à mes cotés, confiante au point de regarder l’eau qui s’assombrissait car à présent le soleil n’était plus qu’un disque rougeoyant. Je lui fis traverser le Scorff, elle en était toute guillerette, y a t’il un âge pour vaincre sa peur ?
- Faut bien que je retourne, je peux le faire…
Dernière ou avant dernière passagère de cette passerelle, elle s’éloignait, de plus en plus petite, vers sa maison, savourant son exploit. Et moi le passeur que j’étais devenu, j’enrageais de ne plus avoir de pellicules, pour illustre mon futur récit qui germait dans mon esprit.
DANIEL FAURIE, Chronique des bords du Fleuve Avril 2001
La passerelle fut détruite en 2001, pour reconstruire le nouvel ouvrage ferroviaire. Elle avait été ajoutée en porte à faux au viaduc (où EIFFEL travailla) en 1911. 90 ans de service.

jeudi 29 décembre 2011

Portail de la chapelle Saint Christophe de Lorient


Daniel Faurie m'envoie ses voeux avec une belle image... C'est un récidiviste en la matière, un passionné de "sa" chapelle grâce auquel nous avons eu un tas d'infos passionnantes. Pour en savoir encore plus utiliser l'outil Rechercher ou L'index dans la colonne de droite.


Que l'année qui vient porte des fruits et vous fasse vous porter bien !

mercredi 21 décembre 2011

Traversée de l'Allier en crue

Vous pouvez utiliser l’illustration de votre choix... l’impétueuse Allier a longtemps été quasi vierge de ponts, tout passait sur l’autre rive par le bac et son passeur.
L'illustratrice Véronique Béné, visiteuse de ce blog, tient un blog à visiter lui aussi en commençant par La traversée de l'Allier en crue

samedi 3 décembre 2011

La loutre passeuse en Roumanie

Un extrait d'un poème funéraire roumain tiré du livre Trésor de la poésie universelle, Roger Caillois et Jean-Clarence Lambert, Gallimard/Unesco, Paris, 1958, p.60 dit l'auteur du blog livraire. Je l'ai trouvé aussi dans le Dauphiné Libéré du 2 décembre 2011, dans un article sur Hélène Jacques, spécialiste des loutres.
...
Le soir devient soir
Tu n’auras pas d’hôte.
Et alors viendra
La loutre vers toi
Pour te faire peur.
Mais ne prends pas peur,
Prends-la pour ta soeur,
Car la loutre sait
L’ordre des rivières
Et le sens des gués,
Te fera passer
Sans que tu te noies
Et te portera
Jusqu’aux froides sources
Pour te rafraîchir
Des frissons de mort.

lundi 28 novembre 2011

La légende de St Christophe à Belfort

J'avais publié une carte postale de la Cathédrale de Belfort, je viens de trouver une légende pour l'accompagner. Celle-ci a été recueillie en 1870 auprès d'une femme de Belfort et traduite du « patois », je l'ai trouvée dans "Légendes et contes du pays de Belfort", tome 1, Gabriel Gravier, Collection Le mouton bleu bêle fort. Je n'ai pas corrigé l'orthographe.
Il y avait une fois, il y a de ça bien longtemps, un homme venu de Lyon, sur le Rhin. Il s’arrêta près d'une toute petite ville qui s’appelait Altkirch. C’était un hermite et les gens d’Altkirch parlaient une autre langue que la sienne. C’est pourquoi ils l’ont renvoyé pour mettre à sa place un nommé Morand qui venait du pays des glaces. Notre hermite qui s’appelait Christophe reprit le chemin de Lyon et au bout d’une grande journée de marche, il arrivait sur une large rivière qui n’avait pas de pont et qu’il fallait traverser pour entrer dans la ville qui était de l’autre côté. Il y avait aussi un jeune garçon qui s’appelait Christ et qui n’osait entrer dans l’eau pour aller dans la ville. Alors, Christophe, son gros bâton à la main, le prit sur ses épaules et le porta dans la ville. Christophe y est aussi resté, y a fait une maisonnette, une chapelle, y a prié bien des années en hermite, y est mort et y fut enterré. C’est pourquoi il est devenu le patron de Belfort
Gabriel Gravier précise que la rivière de Belfort c’est la Savoureuse... Sur internet j'ai aussi trouvé des citations de ses Légendes d'Alsace autour du fameux Morand d'Altkirch
...Saint Morand serait venu à Altkirch pour y remplacer des moines de Cluny de l'abbaye de Saint-Christophe, fondée vers 1050, car ils ne comprenaient pas la langue des gens du pays. Ce fait est confirmé par une légende populaire de Belfort, selon laquelle saint Christophe, venu de Lyon jusqu'à Altkirch, aurait quitté peu après cette localité, les habitants lui ayant préféré un nommé Morand, arrivé du «pays des glaces» et parlant leur langue.
Le Réprouvé venait d'un pays de chiens, quand il parlait il aboyait... La légende belfortaine prouve une chose : on a du mal à s'entendre avec les voisins qui ne sont qu'à une journée de marche, ce qui fait peut-être bien l'affaire de certains religieux...

Actaea spicata, l'herbe de St Christophe

C'est une plante toxique aux fleurs nauséabondes, habitante des bois et forêts humides surtout en montagne. L'ingestion d'une dizaine de ses baies peut être mortelle. Elle est utilisée en homéopathie pour soigner certains rhumatismes ; le traitement marcherait mieux pour les hommes que pour les femmes...
Quel rapport avec notre Saint ? Si vous avez des lumières sur le sujet elles seront les bienvenues car il semble qu'il n'y ai pas qu'en français que le nom courant de la plante l'associe à ce saint.

samedi 15 octobre 2011

Le conte de saint Christophe, Henri Pourrat

Une jolie surprise de ce matin : au hasard de la table des matières du Trésor de contes, tome 1, de Henri Pourrat (Omnibus 2009), je découvre une belle version de cette légende qui sur le fond et dans sa structure est très semblable à celle de Jacques de Voragine et ... à la mienne. Notamment elle s'arrête au moment ou Le Réprouvé (ici appellé Offérus)change de nom. Cela a été écrit par l'auteur, aux environs de 1950, à partir de récits populaires qu'il a recueilli en Auvergne sur près d'un demi-siècle.
Je vous engage à lire le conte mais ne résiste pas à vous en retranscrire le tout début ... et la conclusion
Il y avait une fois un géant qui suivait la loi des païens et qu'on appelait Offérus. Sa figure était aussi large qu'une porte, et tout enfant déjà il ne connaissait pas sa force. Il redressait ensemble quatre fers à cheval ; d'une main, il élevait de terre plus haut que sa tête un mulet chargé d'un boeuf mort, puis les laissant retomber, tranchait en deux au vol mulet et boeuf, d'un seul coup de son coutelas.
Quand il eu l'âge de raison - mais les géants l'ont un peu tard-, il se vit sur pied de ne rien craindre au monde : rien de ce qui pouvait lui venir à la rencontre, ni homme, ni lion, ni tempête. Il quitta le roi de son pays, qu'il avait tout d'abord servi, et partit devant soi pour chercher le roi le plus puissant qui fût...

...Saint Christophe est celui en compagnie de qui on ne peut pas périr.
Qui le voit en la matinée
Rira encore à la vesprée.
Oui, qui a regardé au matin une image du saint est assuré de ne point mourir ce jour là, du moins de mourir de mort imprévue et subite, sans s'être réconcilié avec le Christ, notre Seigneur.
Aussi, le temps passé, dressait-on des statues géantes de Christophe en lieu exposé à la vue, comme à la porte des églises.
On savait, en ce temps, que qui lui donne dans un regard sa pensée fidèle, acceptant comme lui de porter son prochain, se fait par là serviteur et ami de Dieu.

vendredi 29 juillet 2011

Fête patronale à St Christophe sur Guiers (38) du 29 juillet au 1er Août 2011

Article du jour dans le journal régional... à remarquer qu'il ne s'agit pas de pèlerinages ni d'activité religieuse mais d'animation... Cliquez sur l'image pour avoir le programme détaillé.

jeudi 21 juillet 2011

Saint Christophe Le Jajolet (61)

Il fallait bien finir par y aller. J'ai choisi un samedi automnal de ce mois de juillet pour y passer. J'étais bien la seule à avoir cette drôle d'idée.
Les surprises à l'arrivée ce sont d'abord les belles plantations de tilleuls autour de l'église, des lieux manifestement aménagés pour recevoir des foules, un chef lieu de la taille d'un hameau sans aucun commerce et personne...













L'église, comme je l'avais vue sur les photos n'est pas très belle (construite vers 1870). Pas de rivière ni de chemin de Compostelle dans les environs... Mais en regardant, après coup, sur le site du diocèse de Séez, il paraîtrait que cette église paroissiale a pris le relai d'un chapelle St Christophe construite au Vieux Bourg... Si je passe une autre fois dans le coin c'est ce lieu que j'irai voir.
Quand aux pèlerinages actuels ( deux par an : dernier dimanche de juillet et premier dimanche d'octobre) ils n'ont été instaurés qu'au 20ième siècle. Le premier date de juillet 1910. L'abbé qui en était l'instigateur aurait échappé à la mort par miracle en 1920 alors que sa De Dion venait d'être broyée par un train... L'association qui gère les pèlerinages dit avoir une vocation internationale et a été érigée en Archiconfrérie de St Christophe par le pape Pie X en 1912. Ils prônent la prudence au volant quand même !
Sur le St Christophe à l'extérieur de l'église, il est dit qu'il a été offert par une famille épargnée par le choléra...
Les fresque autour de l'entrée m'ont fait penser à l'église St Christophe de Javel à Paris.
Des représentations du Saint, on en trouve à la pelle, même si pour les médailles et les porte clés il faudra repasser un jour de pèlerinage. Vous le ferez sans moi. Certains ex-votos m'ont fait frémir. Cliquez sur la photo pour agrandir.





mercredi 20 juillet 2011

Taxi de nuit, un blues de Guy Marchand

... dont voici le premier couplet
Dans ma D.S., ma vieille D.S.
Qu'est plus de la première jeunesse
Je commence vers les minuits
Jusqu'à sept heures, sept heures et demie
Y a une photo près du volant
Une vieille dame et un p'tit enfant
Y a prière de ne pas fumer
De n'pas sortir du mauvais côté
Y a une médaille de saint Christophe
Pour éviter les catastrophes
Une carte postale de Tahiti
Un indicateur de Paris
C'est dans cette caisse que j'gagne ma vie
On serre les fesses quand je conduis
Je fais le Taxi de nuit
Allez voir le clip video, ça vaut le détour !
Merci à Philippe Meyer ("La prochaine fois je vous le chanterai" sur France Inter) grace à qui je découvre régulièrement de petits bijoux de chansons qui m'avaient échappé.
Il y a une autre chanson sur ce blog, de Mano Solo cette fois.

Pas besoin d'aller dans les églises

... Au super marché du coin il y a tout ce qu'il faut si on veut juste photographier (je ne garantie pas la qualité du produit) :















En ce qui concerne le samouraï cela m'a fait penser à un joli conte japonais que j'ai publiée il y a quelques temps. Si vous l'avez raté, c'est le moment de le lire...

vendredi 24 juin 2011

Procession à Lorient en 2011

Sur ce blog, il y a déjà deux articles sur la Chapelle St Christophe de Lorient mais notre correspondant spécial,Daniel Faurie, "Passeur de mémoire, des bords du Scorff" vient de m'envoyer un lot de photos et un petit texte sur la procession qui a eu lieu ce 1er mai 2011... Voici un sélection de 2 photos. Le Saint qui se promène est celui qui trône habituellement dans la Chapelle et que je découvre donc. Il y a aussi dans la Chapelle une inscription : "Regarde St Christophe et sois rassuré". J'aime beaucoup la petite fille qui mène la procession. Il semble que l'appellation St Kristol ne soit utilisée que sur les pancartes (pour touristes ?)



















CHAPELLE SAINT CHRISTOPHE LORIENT : son PARDON (premier dimanche de mai)
Tombé en désuétude, durant de fort nombreuses années, il semble revenir plus étoffé d’année en année, les enfants viennent chercher auprès du Saint la force…. Notre St CHRISTOPHE, avait pour mission de rendre la santé aux petits enfants rachitiques. Ils étaient forts nombreux à tourner autour de la chapelle, la fête était autant païenne que religieuse. Les vertus accordées à notre Saint devaient faire des effets spectaculaires à en juger la foule qui se pressait alentours et cela durant trois jours.
De nos jours, Notre Saint fait trois fois le tour de la chapelle, quelques habits bretons, se mêlent au cortège...















Et voici aussi un des vitraux, avec la permission de notre reporter sur place puisque je n'y suis toujours pas rentrée, moi, dans cette chapelle !

samedi 30 avril 2011

Chapelle et sources St Christau à Accous (64)

Avant d'y aller j'avais trouvé ceci sur le site de la Vallée d'Aspe :
La chapelle Saint Christophore se trouve au quartier d’Aület et est plus communément appelée « Saint Christau ». Son origine est inconnue mais on peut supposer, au vu de certains documents, qu’elle existait avant 1569. Elle fut rebâtie au XVIIe siècle. On y venait en pèlerinage car il y avait à proximité trois fontaines célèbres pour leurs vertus curatives et une piscine où les malades faisaient leurs ablutions. L’édifice fut un temps laissé à l’abandon puis, en 1856, la commune fit des réparations et restaura le retable. Chaque année, le 25 juillet, une procession était organisée jusqu’à la chapelle. Cette pratique cessa vers 1940 et, faute d’entretien, le lieu de culte perdit sa toiture durant l’hiver 1967-1968. A nouveau restaurée, la chapelle en état fut inaugurée le 26 juillet 1980 en présence de Mgr Vincent, évêque de Bayonne, et de Mgr Lacaste, ancien évêque d’Oran (Algérie) en retraite à Accous. De nos jours, une messe y est organisée chaque 25 juillet.…. à proximité de la chapelle du XVIIe siècle, les trois fontaines de Saint-Christau avaient des vertus bien déterminées. L’eau de la piscine voûtée d’origine médiévale guérissait les fièvres, la sciatique et l’épilepsie ; celle de la source du milieu apaisait les maux des yeux et la surdité tandis que celle de l’ouest combattait migraines et maladies cutanées.
Sources : Jean Vignau-Lous, "Le thermalisme en vallée d’Aspe", dans Revue de Pau et du Béarn, n° 13, 1986, p. 141-155 et du même auteur "La chapelle Saint-Christophore d’Aulet", dans Revue de Pau et du Béarn, n° 9, 1981, p. 43-59.

Pour y aller nous sommes monté à pied. Un joli chemin, un peu plus long qu'annoncé (1h10 depuis le haut du village d'Accous mais on peut y aller en voiture)














Sur place nous avons, bien sûr, cherché les sources. Celle de l'Est semble tarie mais son porche recèle une surprise pour qui baisse la tête,


















Celle du centre coule et semble potable, en tout cas nous en avons bu... Dans le bassin il y avait des têtards et des tritons. La source de l'Ouest (invisible) a peut-être été captée.
Un monsieur du pays m'a dit que on y allait pour soigner les yeux et que la tête sous le porche était ancienne. Faut-il aussi regarder les yeux de cette sculpture pour repartir guéri ?
Le site est superbe. La chapelle est fermée par une grille à travers laquelle j'ai photographié l'autel avec un St Christau dans une position qui me parait fort inconfortable...














De quoi avons nous guéri ? Mystère mais la ballade était bien jolie.
Il semble que dans ce quart sud ouest de la France, les Saint Christau soient plutôt liés aux guérisons qu'aux passages difficiles. Même si comme la chapelle st Christaud du Gers, nous soyons sur la Voix d'Arles, une des routes de St Jacques de Compostelle.
Les yeux sur la tête sculptée me font tout de même penser à la protection contre la mort subite... Ne dit on pas ailleurs et notamment dans les Alpes : " Regarde St Christophe et va-t-en rassuré " ?

Accous (64), dans l'église paroissiale deux représentations de St Christophe

Dans la vallée d'Aspe, non loin d'un des chemins de Compostelle (la voie dite d'Arles), il y a une petite constellation de Saint Christau, nom béarnais du Réprouvé, tous liés à des sources guérisseuses et thermales.
J'ai commencé par entrer dans l'église paroissiale d'Accous, dédiée à St Martin et on ne pouvait pas les louper...

dimanche 20 mars 2011

Un tableau de Chagall


















Une configuration originale pour notre motif... Le géant est une géante, l'enfant son mari, et encore au dessus un ange (peut-être leur fille disent certains exégètes). Ce tableau que je croyais connaître je l'ai regardé aujourd'hui (au Musée de Grenoble) avec d'autres yeux. Tout y est : le fleuve , près du pied droit de la mariée un passeur (minuscule) dans sa barque, l'éventail balancier en guise de feuilles de palmier, le verre monde, l'à cheval sur deux mondes (très net au niveau des couleurs, blanc et jaune séparés par un axe violet) l'allusion au regard... La malice et la gaîté en plus : n'en faut-il pas aussi un peu pour passer les rivières ?
Le tableau se nomme "Double portrait au verre de vin" et date de 1917-1918. Il est visible jusqu'au 13 juin 2011 au Musée de Grenoble dans le cadre de l'exposition "Chagall et l'avant garde russe". En vrai c'est beaucoup mieux et on réalise que le tableau est assez proche, dans sa construction, son format et sa taille d'un vitrail de cathédrale (233cm x 163cm).
Mes commentaires n'engagent que moi... Allez vous faire une idée vous mêmes !
Un petit livre "Chagall, double portrait au verre de vin" a été édité en 1993 Par le Musée d'art moderne/Centre Georges Pompidou dans la collection "L'art en jeu"

mardi 22 février 2011

Monsieur Saint Christofle, patron des chaussetiers à Evreux

Une lectrice du blog, Mary De Rasse (merci à elle), m'a communiqué les informations suivantes :
Je travaille sur les ordonnances des rois de France concernant le textile à la fin du Moyen Age, et j'ai trouvé mention, dans l'une d'elles, d'une confrérie de chaussetiers à Evreux au début du XVè siècle. Les chaussetiers étant ceux qui fabriquent les chausses, vêtement couvrant le bas du corps, à assimiler à notre pantalon. Mais en plus moulant !
Il s'agit de lettres d'ordonnance d'Henri VI, roi d'Angleterre, alors roi de France (en 1424). Il confirme, en mars 1424, les statuts des chaussetiers d'Evreux (publiées au XIXè siècle par Lespinasse, t.13)
Quelques extraits:
"Premierement. Ordonné est à la requeste des gesn desdis mestiers, une Confrarie à l'onneur et à la remebrance de Mons. Saint Christofle, à estre faicte le jour de la feste dudit Mons. Saint Christofle le xxv.e jour de Juillet chacun an, en l'Eglise Saint-Pere d'Evreux; et y aura Vespres la veille de la feste dudit Mons. Saint Christofle, et le jour de la feste, Messe solempnelle, où il aura preschement, et ce jour Vespres; auquel service les freres de ladicte Confrarie seront tenus faire compaignie au Roy de ladicte Confrarie.
Item, chacun des freres et seurs de ladicte Confrarie, payera par chacun an v deniers tournois pour son chevaige.
Item, les gens dudit mestier seront tenus à faire dire une Messe pour chacune sepmaine, au jour de Mercredy, en l'onneur et reverence dudit Mons. Saint Christofle.
Item, Quiconques levera le mestier de chausseterie et chaperonnerie et detail, en ladicte ville et Bourgoisie d'Evreux, paiera xxx sols tournois pour la hanse et bienvenue dudict mestier, et seront mis en la boiste de ladicte Confrarie."
Il me semble que c'est une des rares fois où ce saint est assimilé à un métier du textile, qui plus est pour un métier concernant une partie de vêtement dont le saint est rarement vêtu dans les représentations... je cherche toujours le lien !
c'est amusant, effectivement mais...St Laurent est mort sur le grill et il est devenu patron des rôtisseurs, St Christophe a pris froid dans l'eau et depuis il conseille les chausses, peut-être ?

samedi 1 janvier 2011

Comme un bateau dans la houle, avec les meilleures voeux de Daniel Faurie














C'est la chapelle St Christophe ou St Kristol de Lorient croquée par un de ses voisins, Daniel Faurie qui a commis un texte très copieux sur cette chapelle, à lire en ligne... D'habitude je maudis les cartes de voeux par mail mais celle ci m'a fait très plaisir et ce monsieur m'a donné l'autorisation de vous en faire profiter.
Bonne Année, donc, et que vos traversées soient fructueuses !

vendredi 31 décembre 2010

Congo : le rafiot de l'enfer

C'est un documentaire terrible qu'on pouvait regarder en ligne (ce n'est plus le cas) et qui a été diffusé en janvier 2011 sur La 5. Auteur : DANIEL LAINÉ, Durée : 52 minutes, Réalisateur : DANIEL LAINÉ.
En dehors de l'omni-présence du fleuve Congo et du défi à la mort que représente ce voyage sur l'eau entre Kinshasa et Kisangani, s'il n'y est pas fait mention du saint passeur, j'ai été époustouflée d'y entendre les prières des passagers qui suppliaient à pleine voix Dieu de leur épargner, les pannes, les accidents, ... et la mort subite ! Un petit rappel pour les mécréants : la mort subite c'est celle qui survient avant qu'on n'ait reçu les derniers sacrements, ce qui au Moyen Age, en Europe était pire que la mort. Et, disait-on, St Christophe protégeait de la mort subite...
Résumé du film : En République démocratique du Congo, pour aller de Kinshasa, la capitale, à Kisangani, la grande ville du Nord, il n'y a plus aucune route.
Pour transporter leurs marchandises ou pour voyager entre les deux villes, les congolais n'ont que deux solutions : l'avion, mais le billet coûte l'équivalent de 6 mois de salaire, ou un voyage éprouvant, en bateau, sur le fleuve Congo, l'un des plus grands d'Afrique. Des bateaux sans âge, comme le "Gbémani", assurent la liaison.











Celui-ci transporte près de 2000 personnes, dans des conditions de sécurité et d'hygiène inexistantes.
Ce "voyage en enfer" sur 2000 kilomètres doit durer trois semaines. Le "Gbémani" est composé de trois barges accrochées les unes aux autres. A son bord, pas de cabine, et pour voyager, il faut vite se faire une place sur le pont...
Pour les pilotes, le fleuve Congo est un véritable cauchemar : chaque année, sur ce fleuve, les naufrages causent la mort de plusieurs centaines de personnes. Sur le pont, tous espèrent que le "Gbémani" arrivera à bon port...

mercredi 29 décembre 2010

La sagra de San Cristoforo sul Navigo à Milan : une fête !

La prochaine aura lieu du 1er au 5 juin 2011. Cliquez sur le titre pour avoir le lien (en italien)
En attendant, on peut rêver de cette église de brique, tout prêt d'un pont et du canal artificiel, dérivé du fleuve Ticinio. Un site qui me fait penser à St Jacques-St Christophe près du Pont de Crimée à Paris. Si vous y allez, dites le moi ! La photo ci dessous n'est pas de moi, exceptionnellement.

dimanche 28 novembre 2010

Un des trésors de la BNF











Commentaires bienvenus

samedi 27 novembre 2010

Hotel Lallemand à Bourges

Un lecteur du blog me signale un bas relief en couleur représentant Saint Christophe à l'Hôtel Lallemant à Bourges. Il m'en envoie un dessin signé Champagne... Merci !

lundi 20 septembre 2010

Venon (38), St Christophe et Ste Brigitte

Vive les Journées du Patrimoine ! Cela faisait un an que j'attendais ce samedi pour pouvoir visiter l'église paroissiale de Venon consacrée à St Christophe.  Venon, c'est un clocher sur le Balcon de Belledonne qu'on voit depuis Grenoble. Il semble monter la garde au dessus de la vallée du Sonnant, torrent qui descend de Chamrousse.
Ce samedi 18 septembre 2010, il pleut dru mais j'ai conservé de l'année dernière une photo pour vous donner une idée de l'endroit













L'église est donc ouverte grâce à l'association :



















La visite est accompagnée si on le désire par des dames charmantes qui m'expliquent tous les travaux de rénovation, de conservation, de réfection qui ont permis le classement du bâtiment. Le trésor de l'église est exposé lui aussi



















... Mais de St Christophe point... Il n'est pas représenté et ma guide n'en connais même pas la légende que je me fais un devoir  et un plaisir de lui raconter.
Par contre, il y a Ste Brigitte sur un vitrail, c'est la patronne secondaire de la paroisse. C 'est la première fois que je vois cette association. Le vitrail d'en face est gris, lui... Peut-être y avait-il là un St Christophe ?


















Ste Brigitte c'est une sainte intéressante aussi. D'ailleurs il y en a deux  : une irlandaise et une suédoise.
Je repars, ravie de ma visite et dehors, même sous la pluie j'aperçois, là haut sur sa colline Le Chêne de Venon, arbre remarquable, s'il en est : "Arbre signal, il est connu dans toute l'agglomération grenobloise. Gare à celui qui voudra l'abattre, car si l'on en croit les propos des habitants du village, ce chêne est un arbre fétiche qui leur assure paix et tranquillité depuis deux siècles. Hauteur : 18 mètres - Circonférence : 4.9 mètres - Age estimé : 200 ans, citation extraite du livre de la Frapna "De feuilles en aiguilles".
Quels jolis symboles dans le paysage : Le Sonnant qui ne devait pas être facile à traverser et cet arbre géant comme le saint patron ! A moins que ce ne soit que son bâton...


dimanche 29 août 2010

Question aux habitants ou proches habitants de Digne (04) et des alentours

Pourquoi ce rond point de la zone artisano-commerciale se nomme-t-il ainsi ?
Il ne semble pas y avoir d'église ni d'oratoire dans le coin.
Il y a certes des garages automobiles, mais il y a surtout La Bléone (rivière torrentielle) qui coule à côté... Y avait-il un pont, un gué ?
A une dizaine de km, sur la commune de Mirabeau Lez Digne, entre Malijai et Mallemoisson, il y a une Chapelle St Christophe, dans une situation "géographique" proche : pas loin de La Bléone et disent les historiens locaux sur l'ancienne voix romaine qui traversait la rivière par un gué ... et un ravin St Christol. Un jour je m'arrêterai : c'est juste au bord de la nationale et il semble que cette année encore il y ait eu une bénédiction de voitures le jour de l'Ascension...

mercredi 4 août 2010

Ex voto à Camaret (29)

A Camaret dans la Chapelle de Notre Dame de Rocamadour il y a des ex votos "marins" :
Si vous agrandissez la photo : sur le bouée il est écrit St Christophe.

mardi 15 juin 2010

St Christophe et le Laris : la surprise de St Christophe des Bois (26)

Drôme des collines, je viens travailler à moins de 12 km de Saint Christophe et le Laris, où j'ai déjà signalé une bénédiction des voitures le dernier dimanche de juillet... alors, je saute dans ma voiture. L'église n'est pas si facile à trouver car il y a deux "bourgs" St Christophe et Le Laris et pas de signalétique... mais il y a la cliente du camion épicerie, c'est plus efficace et beaucoup plus agréable. J 'y arrive donc
Zoooom...
L'église est fermée... dommage il semble que j'ai raté une fresque. Sur le panneau d'affichage de la mairie il y a un petit plan de la commune sur lequel je cherche le nom du fleuve local (La Limone) et trouve un St Christophe des Bois. Intriguée je vais demander à la secrétaire de mairie qui me parle de 3 maisons avec une trèsvieille église, d'un cimetière. Elle me montre la direction, dans la colline en face. J'ai eu un peu de mal à trouver la vieille église
Je me retourne et je les vois, les pierres tombales, ce qui me confirme que je suis bien au bon endroit parce que l'église n'est pas vraiment reconnaissable...
Pour les inscriptions que j'ai pu lire, les plus récentes semblent dater de la fin du 19ième siècle. Juste à côté deux épaves de voiture qui ont servi à faire du stock car où quelque chose comme ça. Regarde St Christophe et va-t-en rassuré !
Je suppose donc que ce hameau était le siège de l'église paroissiale qui a descendu la colline au 19ième siècle. A 20 mètres de la très vieille église la vue sur la nouvelle est assez jolie...

dimanche 13 juin 2010

Affiches à St Christophe en Oisans

Pont du diable, course à pied et alpinisme c'est un affichage que j'ai photographié ce jour dans ce village mythique...

lundi 31 mai 2010

Trois rivières à traverser pour aller au Paradis : le sac d'argent, conte du Nivernais

Une fois n'est pas coutume, cet article est le presque jumeau de l'article que vous trouverez dans le blog "Charité Romaine". Dans le conte déniché par Bruno de la Salle (Rencontres des peuples dans le conte, Aschendorff Munster, 1961, p.37-41) pour le colloque "Que nous disent les contes" (Arts du récit en Isère 2010) je retrouve deux motifs qui m'intéressent:
-la traversée de fleuves comme pour la légende de Saint Christophe
-le regret de n'avoir pas bu le lait de la Vierge de la part du héros, sujet du blog "Charité romaine"...

Résumé de ce conte populaire (AT471) recueilli dans le Nivernais (texte intégral en cliquant plus haut sur Bruno de la Salle) avec les citations des passages qui concernent notre sujet : dans une famille très pauvre, la mère envoie l'aîné des 3 enfants chercher son pain. Il rencontre un homme qui lui propose de porter un message au père éternel contre un sac d'argent.Il prend le sac mais arrivé devant une rivière renonce à le traverser. Il ramène l'argent à sa mère et ne dit rien du message. Le 2ième veut y aller aussi... ramène le sac d'argent après avoir renoncé à traverser la rivière. Le 3ième part. Quand il croise l'homme, il lui dit de garder le sac d'argent jusqu'à ce qu'il revienne. Il trouve la rivière qui lui barre la route, il prie
L'eau se partage en deux et il se fait une petite sente, et il passe. Il marche, et trouve une autre rivière, blanche comme du lait; pris de peur il se remet à genoux, prie encore, il se forme à nouveau une petite sente, et il passe. Il marche toujours tout droit devant lui, quand pour la troisième fois une rivière l'arrête rouge comme le sang. Cette fois-ci, il a vraiment peur... Il s'agenouille à nouveau, prie le Bon dieu, et la petite sente se reforme encore. Il passe...
Il rencontre d'autres choses étranges et arrive au bout d'un jardin, devant un château où il reconnait celui qui lui a donné le message, le Père Eternel. Le Père Eternel lui explique ce qu'étaient les trois rivières. Pour la première :
Eh bien, quand tu l'as eu passée, tu n'étais plus au monde. C'est la séparation du Ciel et de la Terre
Pour la deuxième
C'était le lait de la sainte Vierge, dont elle nourrissait notre seigneur Jésus Christ qui nous a sauvé.
Et le garçon répond
Si je l'avais su, j'en aurais bu un bon coup.
Pour la troisième
C'était le sang de notre seigneur Jésus Christ qui a été répandu sur la terre pour sauver tous ceux qui le servent.
Et le garçon
Ah! Si j'avais su, je me serai lavé dedans.
... En bref, le garçon est tout de même arrivé au Paradis. C'est à dire qu'il est mort... Mais "bien" mort. Et il a porté un message dont nous ne saurons rien, sinon que ce message lui a permis de traverser rivières et mystères... Et même d'amener ses parents avec lui après les avoir "cueillis" au Purgatoire sous forme de roses.
Je vous vois déjà lever les yeux au ciel, pour ceux qui sont arrivés jusque là, or certaines versions "des petits enfants perdus dans la forêt" (Hansel et Gretel, le Petit Poucet) font traverser une rivière aux enfants, sur le chemin du retour vers la maison de leurs parents, quelques fois sur le dos d'un cygne, quelques fois sur un drap tendu par les lavandières...
Je me demande quelle est la couleur de la première rivière. Rien, n'est dit mais je la verrais bien noire. Et vous ?
Il s'agit d'un conte où l'emballage chrétien cache sans doute un fond plus ancien. L'enregistrement de l'intervention, remarquable, de Bruno de la Salle sur ce conte est en ligne : voici le lien avec le site du Centre des Arts du Récit en Isère. Ensuite il suffit de cliquer sur la rubrique "Colloque".

vendredi 7 mai 2010

Association de St Michel, St Antoine et St Christophe entre Piémont et Dauphiné, le Val de Suze

Le rapprochement entre ces trois saints, vient, d'après Dominique Rigaux (article "St Michel un intercesseur de prédilection, iconographie de St Michel entre Piémont et Dauphiné à la fin du Moyen Age" in la revue La pierre et l'écrit N°20, PUG 2009) de leur commune fonction d'intercesseur polyvalent. En haute vallée de Suze, ils sont réunis sur des peintures extérieures sur le flanc Nord de la Chapelle des Jouvenceaux, dédiée à St Antoine Abate à Sauze d'Oulx (Piémont). Les fresques sont attribuées à Bartolomeo Serra. Les trois saints encadreraient trois scènes, celle de l'Annonciation, l'assistance à la messe, la bonne et la mauvaise confession... en bref dit Dominique Rigaux, cela voudrait dire que ces trois saints préparent à la bonne mort.
L'exemple que je connais de la présence de St Christophe auprès de Saint Antoine c'est la fresque de l'Eglise de St Antoine l'Abbaye (38) en Dauphiné.
En butinant sur internet, je ne retrouve rien de bien intéressant sur la chapelle des Jouvenceaux mais je voit quand même qu'à Notre Dame de Coignet, au Mélezet, dans le Val de Suze toujours, St Christophe trône aussi sur la façade, accompagné d'un St Antoine effacé... Admirez le style du jeune cavalier, accroché à la crinière de sa monture :


Chapelle St Sixte à Bardonnecchia, en Val de Suze toujours, l'enfant se débrouille aussi tout seul pour garder l'équilibre (pas de St Antoine, ni de St Michel en vue à ma connaissance) :


Bon, ça nous fait au moins trois chapelles avec des fresques du 15ième siècle à aller visiter. Si vous y allez avant moi, faites-nous des photos ! Pour rêver un peu le projet des amis des Jouvenceaux, ce que j'ai trouvé de mieux sur internet au sujet de Sauze d'Oulx. Ceux qui ne sont pas des Alpes seront peut-être étonnés des noms français que l'on retrouve dans cette région Italienne frontalière, région où la langue traditionnelle est l'occitan... Le même qu'à Briançon ou en Queyras, comme quoi, les frontières... Pour mémoire, le Réprouvé ne parlait pas, il aboyait !

lundi 3 mai 2010

Eglise St Christophe de Belfort, une carte postale de 1930

Et oui la belle affaire me direz vous, on ne voit même pas le Saint... Certes mais cette carte, qui fait partie des souvenirs de famille de ma mère, a été envoyée par mon grand-père à sa fiancée qui est devenue par la suite ma grand-mère. C'est plein de mots d'amour et même si je ne l'ai découverte qu'hier, voyez-vous, je me dis que mes grands parents sont peut-être pour quelque chose dans ma manie "christoline". Pour la petite histoire mon grand père était mécanicien, il a surtout travaillé dans la marine nationale, les chantiers navals, le PLM puis la SNCF : il a beaucoup voyagé. Mais ce serait mentir de dire qu'il m'ait jamais parlé de St Christophe.

Sinon, je ne suis jamais allée à Belfort. Grace à internet et au diocèse je sais qu'il y a une statue de St Christophe en entrant à droite dans la Cathédrale et aussi l'ancienne église paroissiale St Christophe de Brasse au milieu du cimetière.

mardi 27 avril 2010

La Roque St Christophe (24)

C'est un fort et une cité troglodytique dans une falaise au dessus de la Vézère. Le lieu a été habité de façon ininterrompue de l'âge du bronze à 1588 où le site a été ravagé par les guerres de religions. L'âge d'or de la cité troglodytique a sans doute été le moyen âge où dès le 10ième siècle l'évêque Frotaire de Périgueux décide d'édifier une forteresse pour protéger les populations contre les invasions vikings... Pour le reste reportez vous au site web ou allez faire la visite...
En ce qui concerne le saint qui nous préoccupe:
- On y trouve sa statue (du 20ième siècle) installée sur  le lieu d'une ancienne chapelle. Juste à côté sur la paroi sont gravées des croix qui semblent plutôt d'origine protestante.
- Il semblerait que dès le 10ième siècle le lieu se soit nommé Rupem Sancti Christophori
- Le guide, interrogé, me dit qu'il y aurait eu un moine au Moyen Age... Il est étonné de ma question.
- La Vézère coule juste dessous
Si vous en savez plus sur la relation entre le saint et ce lieu, je suis prenneuse  !

lundi 26 avril 2010

Xylographie dite de Buxheim, image de dévotion de 1432

Ce qui m'intéressait dans cette image, que j'avais publiée en 2008, c'était tous les détails autour: le moulin, le moine avec la lanterne (c'est l'ermite qui montre le chemin ?), etc. J'avais remarqué que ces éléments étaient aussi sur la fresque de St Sorlin en Bugey, je ne savais pas pourquoi mais une lectrice du blog vient de me donner toutes les explications ou presque et même... une photo convaincante:

J'en profite donc pour réactualiser l'article. Merci à Marianne Gilly-Argoud !
Chercheuse à l'université de Grenoble en histoire médiévale, j'ai travaillé sur la peinture murale de Saint-Sorlin-en-Bugey et puis en effet vous assurer d'un lien très évident avec le dit saint Christophe de Buxheim, une image de dévotion xylographiée datant de 1423 dont un exemplaire a été collé dans un manuscrit de la Bibliothèque de Buxheim, d'où son nom. Le saint Christophe de Saint-Sorlin a été clairement composé et exécuté en suivant fidèlement l'iconographie de Buxheim (jusqu'au moindre détail, les feuilles de l'arbre, les positions de l'ermite et du meunier, l'enroulement de l'eau au pied du saint, etc), véhiculé du Rhin jusque dans le Bugey par la circulation des images de dévotion xylographiée, d'autant que Saint-Sorlin est à la frontière (quand la peinture est exécutée à la toute fin du XVe-début XVIe siècle) des marches de Savoie et du royaume de France.
D'ailleurs, la Vierge à l'Enfant en gloire debout représentée aussi sur le mur de Saint-Sorlin tire aussi sa composition et son iconographie de la xylographie (Nuremberg K7, par exemple).
Pour en revenir au saint Christophe, le motif de l'ermite est tiré de la légende même de la vie du saint, puisque il est le passeur du gué où Christophe rencontre le Christ, la lanterne étant bien sûr un symbole de la révélation divine. Quant au moulin et au meunier avec son âne, c'est un motif repris directement de la xylographie de Buxheim, qui n'a pas de source dans la vie du saint, mais qui correspond à cette volonté, typique de la fin du Moyen Âge, d'ancrer le récit mystique dans la vie réelle quotidienne du fidèle par des éléments familiers, et ce afin de réaliser un processus cathartique d'identification.

mercredi 14 avril 2010

Naviguer au cable, une expo sur les bacs à traille du Haut Rhone

Escale Haut-Rhône est un petit musée encyclopédique et moderne au bord du fleuve, à Brégnier Cordon (01). Tout y est intéressant... de l'écologie aux légendes locales en passant par la vie des autochtones.
Dans ce musée, il y a en ce moment une très belle exposition temporaire sur les bacs à traille.
Et pour la Nuit des Musées, le 15 mai, j'y raconterai des légendes du bord du Rhône et sans doute aussi  Le Réprouvé. C'est le moins que je puisse faire, non ?